Pour recevoir les membres de sa famille dispersée en Europe, Jeanne Clary (1853-1912) rénova avec beaucoup d'attention et de goût le château Le Thil, traditionnelle demeure bordelaise dotée d'un parc exceptionnel. Elle était la petite-fille de Nicolas Clary, comte, pair de France, lui-même frère de Désirée Clary (1777-1860), reine de Suède et de Norvège, dont la descendance siège toujours sur les trônes de Suède, de Norvège, du Danemark, de Belgique et du Luxembourg. Une des branches des héritiers de Nicolas comte Clary, et de Jeanne Clary comtesse Duffour de Raymond, est aujourd'hui représentée par la famille de Laitre, désormais propriétaire du château Le Thil. Très bien exposé, le terroir présente une particularité : le sol argilo-calcaire, avec quelques zones graveleuses, rappelle la région de Saint-Émilion. Cette originalité agronomique explique les choix de l'encépagement, qui ne correspond pas aux règles classiques de la région des Graves. En rouge, le vignoble du château Le Thil Comte Clary compte une grande proportion de Merlot (70 %) qu'il doit à la forte présence d'argile qui compose son terroir. Le Cabernet Sauvignon (30 %) se trouve sur les parcelles graveleuses. En blanc, la répartition est équilibrée entre les deux principaux cépages du Bordelais : Sémillon et Sauvignon. Tous les travaux convergent vers un seul objectif : amener des raisins parfaitement sains à un état de maturité idéal. En blanc comme en rouge, le tri dans la vigne est d'une rigueur absolue. Seules les grappes parfaitement mûres et saines iront vers le chai. Tout au long de sa lente maturation, le vin est élevé avec rigueur et passion, garantes de l'excellence de sa qualité. Dans la grande tradition bordelaise, le rouge vieillit 12 mois en barriques de chêne, afin de mêler harmonieusement les arômes du vin et ceux du bois. Le vin blanc fermente directement en barriques. En 2005, Guillaume de Tastes s'associe à parts égales à Gérard de Laitre et prend la tête de l'exploitation pour donner un second souffle à ce cru, conseillé désormais par Stéphane Derenoncourt.
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